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Squid game, la guerre de tous contre tous & le Congo

Squid game, la guerre de tous contre tous & le Congo

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La série Squid Game est très intéressante. Pourquoi ? Principalement, parce qu’elle met en lumière la logique, le fonctionnement et les effets du néolibéralisme sur la société, sur les individus et les relations qu’ils entretiennent entre eux.

D’une certaine manière, j’y ai retrouvé dans cette série, tout ce que nous décrivons et partager sur les réalités du Congo depuis 20 ans. Parce que le néolibéralisme n’a qu’une logique. Le néolibéralisme, c’est le choix de la guerre civile. Dans le livre « Le Choix de la guerre civile (Une autre histoire du néolibéralisme)», sorti au début de l’année 2021, les auteurs rappellent que : « Les guerres civiles du néolibéralisme sont précisément civiles en ce qu’elles n’opposent pas les « 1 % » aux « 99 % », selon un slogan aussi fameux que fallacieux, mais elles mettent en tension et composent par là même plusieurs types de groupement selon des lignes de clivage beaucoup plus complexes que celles de l’appartenance à des classes sociales. »

C’est exactement ce qui se passe au Congo, c’est exactement ce qui se passe dans Squid Game. Que voyons-nous ? La guerre de tous contre tous, la perte d’humanité, la difficulté de faire confiance, la quête de l’avoir qui prend le pas sur la nécessité d’être.

Le point de départ de cet engrenage dans la guerre de tous contre tous, dans cette série, c’est l’endettement, l’injustice, la logique de compétition avec son corollaire, la discrimination. Regardez ce qui se passe dans les pays néolibéralisés, et surtout au Congo.

Un autre point important du néolibéralisme, c’est la question de la majorité qui aurait raison… On voit dans la série, que le vote démocratique est vidé de sa pertinence et de sa force, quand ce vote ne tient pas compte des réalités de la vie des votants… Regardez encore le Congo.

Il y a d’autres points que je pourrais souligner. Mais les questions que posent cette série, sont sans doute la même que nous devons nous poser pour le Congo : Comment mettre fin à un système qui nous tue à petit feu et que nous entretenons par nos choix de consommation (des idées principalement) ? Comment réduire collectivement le prix que nous payons pour notre subordination ? Comment mobiliser et organiser les masses populaires en fonction de leurs intérêts et non en fonction de ce que le système leur propose ? Qu’est-ce que la réussite ? Quel prix êtes-vous prêts à payer pour obtenir ce que vous voulez ?

Une des réponses a été formulée par l’écrivain sierra-leonais Ishmael Beah, en ces termes :
« Nous voulons pour les nôtres, un travail qui leur permettra d’améliorer leur quotidien et celui de leurs enfants. Nous sommes partisans du progrès… Mais pas de celui qui détruit notre âme et nos traditions, qui nous tue littéralement alors que nous sommes encore en vie. »

A certains égards, le Congo est déjà dans le Squid Game. A chacun de formuler ses réponses, sans doute, ou pas.

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