L’art est personnel et cherche à créer des liens.
L’exposition Beauté Congo 1926-2015 (Congo Kitoko), qui a eu lieu actuellement à la fondation cartier permet de nous (re)connecter à l’histoire contemporaine de la RD Congo, par l’intermédiaire des excellentes productions d’art des artistes exposés. Pourquoi cette connexion à notre histoire contemporaine ?
Parce que, de mon point de vue, ce que je retiens de cette exposition, c’est certes la richesse de l’art congolais, l’excellence des artistes, la créativité débordante du pays à travers les générations, mais surtout, le fait que cette créativité renvoie inlassablement à l’oppression et la guerre imposées aux congolais depuis les années 1920 à nos jours.
A ma question « pourquoi et comment les souffrances poussent-elles à la créativité ? », un docteur en psychologie et spécialiste de la résilience m’avait répondu ceci, il y a quelques années : « Lorsqu’on vit une souffrance importante, la situation est trop difficile et le monde est trop difficile à supporter. Pour y arriver, on est quasiment contraint à se transporter dans un monde imaginaire, dans autre chose.[…] Pour supporter un présent insupportable, on va entrer dans un monde imaginaire, un monde de créativité. Ce qui est au départ une sorte de mécanisme de survie devient le mode de fonctionnement de la personne. »
En d’autres termes, la créativité congolaise (exposée et de manière générale) est à la hauteur de l’oppression que les congolais subissent. Alors quand on m’a demandé si j’avais aimé cette exposition. Je n’avais pas envie de donner une longue explication, j’ai juste souri. Parce qu’au-delà même du côté artistique, j’ai été d’abord intrigué de l’absence de l’artiste Freddy Tsimba mais on m’a ensuite dit que le commissaire de cette exposition qui est aussi un marchand d’art, a exposé son catalogue ! (C’est encore une anomalie qu’on finira par attribuer aux congolais si besoin est, comme le maire de cette ville belge pris en flagrant délit de corruption et qui a dit qu’il n’y était pour rien que c’était un mode de business congolais).





