Pourquoi vos compétences ou encore votre parcours ne suffisent pas nécessairement.
Dans un monde idéal, un polytechnicien, major de l’Ecole des Mines, titulaire d’un MBA à l’INSEAD, comme Tidjane Thiam, aujourd’hui directeur général du groupe Prudential (Le premier noir à la tête d’une multinationale de l’indice FTSE 100), n’aurait pas connu toutes les difficultés qu’il a rencontrées pour trouver un poste à la hauteur de ses ambitions en France, à l’issue de ses études. Son parcours aurait dû parler pour lui.
Victor Kossikouma Agbégnénou a inventé le PWCS (Polyvalent Wireless Communication Systems), une technologie qui permet de distribuer les services de téléphonie, internet et images, sans recourir à un quelconque câblage. Comment se fait-il que les autorités africaines ne lui offrent-elles pas les opportunités et autorisations ce système de télécommunications ambitieux et si adapté pour le continent ? Cette invention apporte clairement des réponses et des solutions à des problématiques et besoins actuels.
La vie serait plus simple si le travail parlait pour lui-même, et se suffisait à lui-même. Si ce que vous faisiez n’était évalué que sur la base de la qualité et du mérite. Si les gens avec qui vous êtes amené(e ) à travailler, se limitaient à juger la pertinence et l’impact de vos compétences et réalisations.
Malheureusement, la réalité à laquelle une majorité d’entre nous doit faire est tout autre.
La réalité est que les gens préféreront payer pour voir un film de Tarantino parce qu’il est connu, plutôt que pour un film d’un « inconnu » comme Mahamet-Saleh Haroun. La réalité est que le malade guérit plus vite quand il prend les médicaments que le médecin, en qui il a grandement confiance, lui a prescrits. La réalité est que le public est toujours plus enclin à applaudir votre travail, si ce dernier a déjà bénéficié d’une reconnaissance de la part de ceux qu’on appelle « leaders d’opinion ».
En d’autres termes, il y a ceux qui ont, pour eux, le bénéfice du doute, et ceux qui ne l’ont pas. Tout simplement.
Que faire ? Les causes à cela sont multiples et par conséquent, les réponses sont aussi multiples. Mais dans les tous cas, nous pouvons dans la mesure du possible et de nos moyens adopter une démarche stratégique pour faire face à cela : Une stratégie efficace s’assure de deux choses essentielles :
1. Investir dans l’écosystème autour de ses produits et services que l’on propose
2. Façonner le marché que l’on souhaite servir
Le monde, comme l’économie, marche au rythme de la confiance. Il faut donc créer et développer cette confiance, malgré tout. C’est une des raisons pour laquelle les USA, par exemple, ne se préoccupent pas de réduire leur déficit public et leur dette.
Faire les choses, innover et exceller sont essentiels pour « réussir », mais créer un environnement pour que votre travail puisse être reconnu et accepté à sa juste valeur est tout autant important. Parce que c’est souvent le doute, ou le manque de confiance que nous subissons qui nous « tue ».
Notre travail, notre mission, notre ambition, à chacun d’entre nous, devrait ainsi de nous assurer que nous créons un environnement propice dans lequel nous pourrions profiter du bénéfice du doute, individuellement, et collectivement. A notre tour.





