Il y a des films qui vous interpellent et vous incitent à vous questionner voire à vous remettre en question. Il y a d’autres films qui vous motivent et vous confortent dans votre manière des choses. Il y a des films qui n’ont pour but que de vous divertir. Nope, c’est un peu tout ça en même temps, de mon point de vue.
J’ai été plutôt déçu de l’exécution du film que j’ai trouvé globalement confus. Mais la déception est souvent liée aux attentes, je m’attendais à un film d’horreur. Pas du tout. C’est un peu un film de sciences fiction, et je ne suis pas fan de ce genre de film. Bref, pour avoir vu et apprécié ces deux précédents films (Get Out et Us), je m’attendais à être agréablement surpris. Surpris ? Oui ! Agréablement ? Non.
J’ai l’impression que le réalisateur Jordan Peele a pris quelques idées ou inspirations en vrac et s’est contenté de faire de très belles images. Il n’y a pas vraiment de fil conducteur, pas de vraiment de sens, pas vraiment de message (politique), non. Rien de tout ça. C’est peut-être pour cela qu’il a titré ce film, #Nope. Bon, je reviens juste sur une ou deux idées que j’ai bien aimé dans ce film.
D’abord, il y a ce message extrait de la bible : « Je jetterai sur toi des impuretés, je t’avilirai, Et je te donnerai en spectacle. » (Nahoum 3:6) Oui dans le film, il y a cette histoire de punition et de sanction, voire de vengeance, mais je trouve que l’idée est mal exécutée justement.
L’idée majeure pour moi, c’est que le film d’une certaine manière nous pousse à nous questionner sur la volonté de domination. Dominer la nature, dominer la nature des êtres, vouloir imposer à d’autres sa présence, vouloir imposer à d’autres sa manière de vivre. Parce que tout cela a un prix, mais sommes-nous prêts à en payer le prix ? Avec l’idée de la domination, il y a son corollaire, l’exploitation voire l’obsession de l’exploitation. Vouloir tout exploiter pour son bénéfice personnel, sans se préoccuper des conséquences pour les autres. Pour cela aussi, il y a un prix à payer.
Dans une perspective politique, c’est une critique de la civilisation occidentale, derrière cela. C’est une critique des apprentis sorciers. Venant d’un afro-américain, ça fait sens, parce que la tragédie de leur histoire est liée à la volonté de domination et à l’obsession d’exploitation des européens et occidentaux. C’est là que le lien se fait peut-être avec Nahoum, 3.6) Alors oui, pour les Africains, c’est un peu, dans cette perspective la même histoire. Bon, il ne s’agit pas ici de victimisation, mais plutôt de garder la tête haute et de se rappeler ces mots extraits d’un livre d’Hampaté Bâ :
« O Koniba Kondala, ajouta-t-il, il t’arrive avec Amkoullel ce qui arrive à un homme mal-intentionné qui se couche sur le dos et pisse en l’air pour essayer de salir le ciel. Non seulement son urine n’atteint jamais son but, mais finalement c’est sur son propre ventre qu’elle retombe. »
Oui, les apprentis sorciers n’ont que ce qu’ils méritent, le problème c’est que leurs bêtises ont des conséquences sur nous quand même….





