{"id":7030,"date":"2022-11-12T14:57:14","date_gmt":"2022-11-12T13:57:14","guid":{"rendered":"https:\/\/illmatik.com\/V2\/?p=7030"},"modified":"2023-08-14T17:43:54","modified_gmt":"2023-08-14T15:43:54","slug":"je-fais-partie-dune-generation-qui-a-lobligation-de-sinvestir-pour-les-autres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/illmatik.com\/V2\/je-fais-partie-dune-generation-qui-a-lobligation-de-sinvestir-pour-les-autres\/","title":{"rendered":"Hawa D\u00e8me: \u00ab\u00a0Je fais partie d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration qui \u00e0 l\u2019obligation de s\u2019investir pour les autres\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong>De New-York \u00e0 Johannesburg, de Paris \u00e0 S\u00e3o Paulo, de Bamako \u00e0 Tokyo, une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration d\u2019individus d\u2019origine africaine a \u00e9merg\u00e9. Ambitieux professionnellement, responsables socialement, impliqu\u00e9s culturellement, ces citoyens du monde tracent leur propre route, affichent leurs diff\u00e9rences et imposent leurs id\u00e9es aux multiples mondes auxquels ils appartiennent. Activistes, ambitieux et afropolitains, ces jeunes femmes et hommes sont r\u00e9solus \u00e0 d\u00e9fier la norme, concilier ce qu\u2019ils font avec qui ils sont, et dessiner les contours d\u2019un monde in\u00e9dit dans lequel ils occupent un r\u00f4le central et d\u00e9cisif. <\/strong><br \/>\n&#8212;<\/p>\n<p>Hawa D\u00e8me est n\u00e9e et a grandi au Mali. Apr\u00e8s son baccalaur\u00e9at obtenu \u00e0 Bamako, elle a poursuivi ces \u00e9tudes sup\u00e9rieures en France o\u00f9 elle a obtenu notamment une master en finance internationale et un MBA. Aujourd\u2019hui elle est responsable de la conformit\u00e9 et du contr\u00f4le interne au sein d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise de gestion d\u2019actifs \u00e0 Paris. Panafricaine convaincue, elle milite pour l\u2019Afrique depuis ses ann\u00e9es \u00e9tudiantes et s\u2019implique dans des activit\u00e9s associatives en lien avec l\u2019Afrique depuis l\u2019\u00e2ge de 11 ans. Leader dans l\u2019\u00e2me, elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement pr\u00e9sidente de l\u2019association des dipl\u00f4m\u00e9s et \u00e9tudiants maliens de France (ADEM).<\/p>\n<h3>Une adolescente ancr\u00e9e dans son pays. La France, vue comme une condamnation.<\/h3>\n<p>\u201cQuand j\u2019\u00e9tais au Mali, de par mes relations et mes connections, j\u2019\u00e9voluais dans un environnement tr\u00e8s mixte. J\u2019\u00e9tais au coll\u00e8ge de Notre dame du Niger, j\u2019y avais des amis qui venaient d\u2019un peu partout. J\u2019avais, par exemple, beaucoup d\u2019amis m\u00e9tis, avec des familles dont l\u2019un des parents \u00e9tait russe, ou ukrainien, ou fran\u00e7ais. La France, historiquement, a des liens particuliers avec le Mali. Donc, m\u00eame si je ne connaissais pas r\u00e9ellement ce pays, il ne m\u2019\u00e9tait pas \u00e9tranger. C\u2019est la raison pour laquelle quand, je suis arriv\u00e9e en France pour la premi\u00e8re fois pour mes \u00e9tudes, je ne me suis pas sentie \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, ni m\u00eame d\u00e9pays\u00e9e. J\u2019\u00e9tais aussi une adolescente tr\u00e8s ancr\u00e9e dans mon pays, j\u2019\u00e9tais beaucoup en interaction avec toutes sortes de populations, des plus pauvres aux plus riches. A travers tous ces contacts, j\u2019ai eu la chance de conna\u00eetre toute cette richesse humaine.<\/p>\n<p>Le fait d\u2019aller faire des \u00e9tudes \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, apr\u00e8s le Bac, que ce soit au Mali ou dans la plupart des pays d\u2019Afrique, au vu de nos infrastructures acad\u00e9miques, c\u2019est un peu une condamnation. Quand on a la chance de venir d\u2019une famille qui peut se permettre de nous offrir cette \u00e9ducation, parce que c\u2019est consid\u00e9r\u00e9 comme un cadeau chez nous, on est condamn\u00e9 \u00e0 le faire, et on sait qu\u2019apr\u00e8s le baccalaur\u00e9at, on va partir. La France n\u2019\u00e9tait pas ma premi\u00e8re destination, je voulais d\u2019abord aller au Canada. J\u2019avais m\u00eame obtenu une bourse pour partir au Maghreb, mais la bourse avait disparu en chemin, et j\u2019ai fini par passer une ann\u00e9e sabbatique au Mali apr\u00e8s le bac. Par la suite, je suis venue en France, tout simplement parce que j\u2019y avais de la famille. Ayant pass\u00e9 le bac \u00e0 16 ans, lorsque je suis arriv\u00e9e en France, je n\u2019\u00e9tais m\u00eame pas majeure. Il \u00e9tait hors de question pour mon p\u00e8re que je sois livr\u00e9e \u00e0 moi-m\u00eame, et donc, je suis all\u00e9e chez mon oncle \u00e0 Metz.<\/p>\n<p>J\u2019ai toujours \u00e9volu\u00e9 dans des structures associatives, j\u2019ai toujours eu le contact facile, j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 facilement vers les autres. Me retrouver dans le milieu universitaire avec d\u2019autres jeunes de mon \u00e2ge, peu importe d\u2019o\u00f9 ils viennent parce que la jeunesse est universelle, avec plus ou moins les m\u00eames pr\u00e9occupations, c\u2019\u00e9tait un peu me retrouver dans mon univers. J\u2019ai tout de suite cherch\u00e9 \u00e0 participer \u00e0 la vie associative. Et puis, le fait d\u2019avoir de la famille sur place a facilit\u00e9 aussi les choses. Quand j\u2019avais un souci, je pouvais passer un coup de fil. Ce qui fait que personnellement, j\u2019ai beaucoup moins mal v\u00e9cu, les premi\u00e8res ann\u00e9es en France, que d\u2019autres que je voyais autour de moi.\u201d<\/p>\n<h3>Un engagement africain. Une personnalit\u00e9 tourn\u00e9e vers les autres.<\/h3>\n<p>\u201cQuand je suis arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019universit\u00e9 \u00e0 Metz, il y avait plusieurs structures associatives africaines. J\u2019avais toujours \u00e9t\u00e9 contre les associations ax\u00e9es sur un seul pays, association des \u00e9tudiants s\u00e9n\u00e9galais, association des \u00e9tudiants gabonais, association des \u00e9tudiants maliens, etc. Mon id\u00e9e \u00e9tait la suivante : mettons en place, dans une petite ville comme Metz, une grande structure associative rassemblant tous les \u00e9tudiants africains. Il se trouve que des togolais qui avaient mont\u00e9 une association appel\u00e9e Le mouvement Amadou Hamp\u00e2t\u00e9 B\u00e2. Ils avaient la m\u00eame id\u00e9e que moi et surtout, parmi eux, beaucoup avaient des id\u00e9es tr\u00e8s panafricaines. Le contact est pass\u00e9 tr\u00e8s vite avec eux. Le fait de pouvoir m\u2019ouvrir sur d\u2019autres pays africains, et \u00eatre avec une structure qui pouvait aborder les questions concernant le continent africain de mani\u00e8re assez l\u00e9gitime, pour moi, c\u2019\u00e9tait le tremplin. Il fallait y aller. Mon engagement africain a donc commenc\u00e9 \u00e0 Metz au sein du mouvement Amadou Hamp\u00e2t\u00e9 B\u00e2.<\/p>\n<p>Mon activisme rel\u00e8ve de ma personnalit\u00e9. J\u2019ai toujours tenu \u00e0 avoir une vie associative. Elle m\u2019enrichit. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 m\u2019impliquer dans les associations quand j\u2019avais 11 ou 12 ans. A cet \u00e2ge, J\u2019\u00e9tais tout le temps dans les locaux de la fondation pour l\u2019enfance au Mali. On organisait des activit\u00e9s, on faisait des campagnes de vaccination, on faisait des actions avec l\u2019UNICEF, l\u2019OMS et toutes ces structures internationales, on rendait visite aux enfants orphelins aux villages SOS. Cela fait partie de moi, je ne peux pas \u00eatre compl\u00e8te sans une activit\u00e9 de ce type dans ma vie. Quand j\u2019ai quitt\u00e9 Metz pour venir \u00e0 Paris, j\u2019ai laiss\u00e9 le mouvement Amadou Hamp\u00e2t\u00e9 B\u00e2 sur place et j\u2019ai tout de suite cherch\u00e9 quoi faire, avec toujours l\u2019id\u00e9e d\u2019une association qui ne soit pas centr\u00e9e uniquement sur les Maliens. Mais au final je me suis quand m\u00eame retrouv\u00e9e au sein de l\u2019ADEM, l\u2019association des dipl\u00f4m\u00e9s et \u00e9tudiants maliens de France en 2008. A peine arriv\u00e9e dans cette organisation, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lue secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale. Le temps faisant, je me suis rendue compte qu\u2019il \u00e9tait tout aussi utile d\u2019avoir des structures de ce genre, ax\u00e9es sur un pays. Et que cela n\u2019emp\u00eachait pas de s\u2019ouvrir sur le continent, au contraire d\u2019ailleurs.<\/p>\n<p>On me pose souvent cette question : Est-ce que tes parents \u00e9taient, aussi, engag\u00e9es comme \u00e7a? Non, pas du tout. J\u2019ai juste eu la chance d\u2019avoir des parents qui m\u2019ont toujours laiss\u00e9 tr\u00e8s libre de faire ce que je voulais. Ce sont davantage les circonstances de la vie qui m\u2019ont pouss\u00e9. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 m\u2019impliquer dans cette fondation de l\u2019enfance parce que je passais tous les jours devant pour aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole, et il se trouve que ma meilleure amie avait sa maison, coll\u00e9e \u00e0 cette fondation. On a commenc\u00e9 \u00e0 jouer dans la cour de la fondation, puis ensuite, nous sommes entr\u00e9es dans les bureaux. Et le fait que je me maintienne dans ses activit\u00e9s associatives est \u00e9videmment d\u00fb \u00e0 mon parcours. Avec tout ce que j\u2019ai vu depuis mon enfance jusqu\u2019\u00e0 maintenant, je me dis, en tant que jeune femme africaine et malienne, que je n\u2019ai pas le droit de mener ma petite vie et de m\u2019y complaire. Je fais partie d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration qui a l\u2019obligation de s\u2019investir pour les autres. Je fais partie d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration qui n\u2019a absolument pas le droit de ne pas s\u2019impliquer.\u201d<\/p>\n<hr \/>\n<h4>La suite dans l\u2019\u00e9dition #1 de la revue Illmatik.<\/h4>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De New-York \u00e0 Johannesburg, de Paris \u00e0 S\u00e3o Paulo, de Bamako \u00e0 Tokyo, une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration d\u2019individus d\u2019origine africaine a \u00e9merg\u00e9. Ambitieux professionnellement, responsables socialement, impliqu\u00e9s culturellement, ces citoyens du monde tracent leur propre route, affichent leurs diff\u00e9rences et imposent leurs id\u00e9es aux multiples mondes auxquels ils appartiennent. Activistes, ambitieux et afropolitains, ces jeunes femmes&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6944,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[85,104,87,91,84],"tags":[],"thb-sponsors":[],"class_list":["post-7030","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-economie","category-illmatik-1","category-interviews","category-publications","category-societe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/illmatik.com\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7030","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/illmatik.com\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/illmatik.com\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/illmatik.com\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/illmatik.com\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7030"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/illmatik.com\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7030\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7033,"href":"https:\/\/illmatik.com\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7030\/revisions\/7033"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/illmatik.com\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6944"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/illmatik.com\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7030"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/illmatik.com\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7030"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/illmatik.com\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7030"},{"taxonomy":"thb-sponsors","embeddable":true,"href":"https:\/\/illmatik.com\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/thb-sponsors?post=7030"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}